Au Grand-Duché, le mot « agence de publicité » couvre des métiers très éloignés : l'atelier qui conçoit une annonce presse et une affiche, la structure qui achète de l'espace sur les écrans, les radios et les réseaux sociaux, le studio web qui lance aussi des campagnes Google et Meta, l'annuaire professionnel qui vend de la visibilité. Cette page réunit 28 agences installées au Luxembourg qui déclarent la publicité parmi leurs compétences. Elle ne les note pas sur leur réputation supposée : elle vous donne les repères pour savoir laquelle correspond à votre campagne, avec ce que nos fiches contiennent réellement en septembre 2026, et ce qu'elles ne contiennent pas encore.
Création, achat d'espace ou pilotage en ligne : la question à régler en premier
Avant d'ouvrir une seule fiche, décidez de ce que vous achetez. Trois prestations se cachent derrière le même intitulé, et une agence excellente sur l'une peut être moyenne sur les deux autres.
La création publicitaire. Le concept, l'accroche, le visuel, le film ou le spot radio, puis la déclinaison sur tous les formats. Ce qu'on juge : l'idée, la qualité d'exécution, la cohérence avec votre marque.
L'achat et le plan média. Choisir où et quand la campagne sera vue (presse, affichage, radio, cinéma, écrans en ligne), négocier les emplacements, suivre la diffusion et en rendre compte. Ce qu'on juge : la transparence sur les commissions, la justesse du ciblage, la qualité du bilan.
Le pilotage des régies en ligne. Google Ads, Meta, LinkedIn : créer les annonces, régler les enchères, mesurer les contacts obtenus. Ce qu'on juge : le suivi des conversions et la façon dont l'agence arrête ce qui ne rapporte pas.
Une campagne de notoriété nationale mobilise souvent les trois. Un artisan qui veut des appels dans sa région n'a besoin que du troisième. Écrivez noir sur blanc lequel vous concerne : c'est ce qui rendra les devis comparables.
Le seuil d'entrée que les agences affichent
Nous n'avons aucune mission publicitaire chiffrée au Luxembourg dans nos données. Nous ne publierons donc ni prix moyen ni fourchette de marché : un chiffre inventé ici vous ferait plus de tort que pas de chiffre du tout.
Ce que nous avons, c'est le budget minimum que certaines agences déclarent sur leur fiche, en euros, tel qu'elles l'ont saisi. Seules 12 des 28 agences l'ont renseigné, ce qui reste une minorité. Dans ce petit groupe, 8 placent leur seuil à 1 000 € ou moins (les valeurs déclarées vont de 500 € à 1 000 €), et 4 le fixent à 5 000 €. Aucune n'affiche de seuil plus élevé.
Lisez ce montant pour ce qu'il est : le ticket en dessous duquel l'agence préfère ne pas ouvrir de dossier, pas le prix d'une campagne. Il ne comprend jamais l'espace publicitaire lui-même, qui se paie à part aux médias et aux régies. Quand vous demandez un devis, exigez deux lignes séparées : les honoraires de l'agence d'un côté, le budget média de l'autre, avec la façon dont l'agence est rémunérée sur ce second poste (commission, forfait ou refacturation au coût réel).
Du studio de trois personnes au groupe de plus de cinquante
Sur les 24 agences qui indiquent la taille de leur équipe, 11 comptent cinq personnes ou moins, et 3 dépassent cinquante salariés. Entre les deux, une dizaine de structures moyennes. Ces tailles correspondent à des manières de travailler différentes.
Les petites équipes mêlent souvent site internet, réseaux sociaux et annonces en ligne. Elles conviennent aux commerces, aux professions libérales et aux PME qui veulent un interlocuteur unique et des campagnes ciblées sur le pays et la Grande Région.
Les agences dites « 360 », plus anciennes pour la plupart, conçoivent les campagnes multicanal : affichage, presse, radio, événement, digital. Une majorité de celles qui indiquent leur date de création sont nées avant 2010 (12 sur 21), et la plus ancienne remonte à 1974.
Les profils spécialisés complètent la liste : une agence média, une structure tournée vers le marketing événementiel et terrain, une autre vers la vente sur les places de marché, une plateforme d'annuaire et de visibilité locale, et même une société de services informatiques dont la publicité n'est pas le cœur de métier.
Le périmètre dépasse largement Luxembourg-ville : seules 4 agences y ont leur siège, les autres sont réparties de Hesperange à Strassen, de Leudelange à Steinfort, jusqu'au nord du pays.
Une seule agence porte des avis, et voici comment ils ont été obtenus
Soyons clairs sur les avis. Une seule agence de cette liste affiche des avis vérifiés : 12 au total, tous à la note maximale. C'est l'agence elle-même qui les a importés, puis chaque auteur a confirmé le sien. Ce sont donc de vrais témoignages, mais sélectionnés par l'agence ; ils décrivent surtout des budgets modestes (11 sur 12 sous 10 000 €) et des dirigeants de petites entreprises. Les autres agences n'ont encore aucun avis sur leur fiche, ce qui ne dit rien de leur qualité : la plupart n'ont simplement pas encore repris la main sur leur page.
Sans avis, trois vérifications remplacent les étoiles. Demandez les coordonnées de deux annonceurs récents et appelez-les vous-même. Faites-vous montrer une campagne réellement diffusée au Luxembourg, avec son support et sa période. Enfin, regardez si l'agence apparaît dans l'annuaire des membres de la MarkCom, où figurent les agences « engagées à respecter notre code de déontologie et nos standards de qualité », selon la MarkCom. L'absence n'est pas éliminatoire, la présence est un indice.
Cinq signaux qui distinguent une agence solide
Elle parle de vos clients avant de parler de créativité. Un premier échange qui porte sur qui vous voulez toucher, dans quelle langue et à quel moment de l'année est bon signe.
Elle montre des campagnes diffusées, pas des maquettes. Une affiche posée dans la rue ou une annonce en ligne avec ses résultats vaut plus que dix visuels de présentation.
Elle détaille ce qu'elle facture sur l'espace acheté. Une agence qui refuse de dire comment elle est rémunérée sur l'achat média vous cache une partie du coût réel.
Elle mesure. Pour une campagne en ligne : conversions suivies, tableau de bord partagé, rendez-vous de bilan. Pour une campagne hors ligne : indicateurs définis avant le lancement (visites, appels, notoriété mesurée par un sondage).
Elle connaît les règles du jeu local. Données personnelles, déontologie publicitaire, langues : les points détaillés plus bas.
Langues, déontologie, données : ce qui est propre au marché luxembourgeois
La langue de la campagne. Vos cibles peuvent lire en français, en allemand, en anglais ou en luxembourgeois selon qu'elles sont résidentes, frontalières ou expatriées. Demandez à l'agence qui rédige et relit chaque version, et si l'adaptation est facturée à part. Une traduction faite à la dernière minute se voit tout de suite sur une affiche.
L'éthique publicitaire. La Commission luxembourgeoise pour l'éthique en publicité (CLEP) fait observer un code de déontologie qui s'appuie sur les principes généraux du code publicitaire de la Chambre de Commerce Internationale. Elle examine les plaintes du public, et elle « traite les demandes d'examen préalable à la diffusion de publicités qui lui sont librement soumises par les annonceurs, média et régies/agences publicitaires ». Pour un message sensible (santé, alcool, enfants, allégations environnementales), demandez à l'agence si elle a déjà utilisé cette possibilité.
Les données des campagnes. Ciblage, formulaires de contact, pixels de suivi : tout ce qui touche aux données personnelles relève du RGPD, que contrôle au Grand-Duché la Commission nationale pour la protection des données (CNPD). Faites préciser qui, de vous ou de l'agence, est responsable des fichiers constitués pendant la campagne.
Le nom de domaine de la page d'atterrissage. Si la campagne renvoie vers un site dédié en .lu, sachez que ce registre national est géré par la Fondation Restena : le nom doit être enregistré à votre nom, pas à celui de l'agence.
Ce que votre demande doit contenir
Une page suffit, à condition d'y trouver ces éléments.
- Le but, en une phrase mesurable. « Remplir notre salon d'octobre », « obtenir des demandes de devis au nord du pays », « faire connaître notre nouveau nom ».
- La cible, et ses langues. Résidents, frontaliers, décideurs, grand public, et la ou les langues dans lesquelles vous leur parlez.
- Les canaux envisagés, ou l'absence d'idée. Il est légitime de demander conseil ; il est utile de dire ce que vous avez déjà essayé et ce que ça a donné.
- Le calendrier. Date de diffusion souhaitée et échéances fixes (événement, ouverture, rentrée).
- Le budget total, espace compris. Même approximatif, il permet à l'agence de proposer un plan réaliste plutôt qu'une idée impossible à diffuser.
- Les éléments existants. Charte graphique, logos, photos, anciennes campagnes, accès aux comptes publicitaires.
Ce que disent vraiment les fiches du classement
Les compétences déclarées racontent le marché. Sur les 28 agences, 19 proposent aussi la création de sites, 16 les réseaux sociaux, 15 le référencement naturel et autant le branding. La vidéo n'apparaît que sur 8 fiches, l'événementiel sur 6, et seulement 4 agences se présentent comme spécialistes des médias. Autrement dit, beaucoup d'agences qui font de la publicité la pratiquent comme une compétence parmi d'autres, rarement comme un métier unique.
Presque toutes ces fiches ont été créées à partir d'informations publiques et n'ont pas encore été reprises par les agences elles-mêmes. Ce qui y figure est exact au moment de la collecte, mais peut être incomplet : un portfolio absent ne signifie pas une agence sans références. Allez voir le site de chaque agence retenue, et vérifiez que ses réalisations récentes ressemblent à ce que vous voulez faire.
De cette liste à trois rendez-vous
Filtrez d'abord par métier : création, achat média ou pilotage en ligne, selon ce que vous avez tranché plus haut. Retenez ensuite quatre ou cinq agences dont les fiches correspondent, puis envoyez à toutes la même demande écrite, au même moment, avec la même date de réponse.
Gardez-en trois pour un rendez-vous. Pendant l'échange, faites-vous présenter la personne qui suivra réellement votre compte, pas seulement celle qui vend. Comparez les propositions sur les mêmes critères : compréhension de la cible, idée de campagne, plan de diffusion, répartition entre honoraires et espace, façon de mesurer. Celle qui vous pose les meilleures questions sur vos clients est souvent celle qui fera la meilleure campagne.